Les étoiles dansantes



Il est des évènements dans la vie qui, à un moment donné, s’inscrivent en nous, nous étiquettent. D’abord, on s’y refuse. On ferme les yeux : on ne veut pas voir cette boîte, ce mot comme un passage obligé. On ne peut pas accepter qu’un petit accroc puisse avoir un tel impact sur nous. Se laisser étiqueter, ce serait se plier à cet incident, ce serait lui donner une consistance, une ampleur : ce serait être faible. Sans le vouloir, on reste dans la zone trouble du déni.

Et puis, un jour, on sort de cette zone, on la remet en question. Et si tout cela était vrai ? Parce qu’il y a cette douleur qui ne nous quitte jamais, on comprend que ce qui a eu lieu a été brutal, que « cet évènement » nous a heurté.e. On prend conscience qu’on nous a fait du mal et que c’est même peut-être un crime. On décide alors d’entrer dans la boîte : « Victime ».

On sait que plus tard, quand le temps sera venu, il faudra en sortir. Cela ne veut pas dire qu’on oubliera ou qu’on effacera ce qu’il s’est passé. Au contraire, cela voudra dire qu’on aura inscrit cette douleur dans notre parcours autobiographique pour en faire quelque chose de plus beau : qu’on aura transformé « j’ai été victime de » en « je suis un.e survivant.e de »


Charlotte intègre « Le Cube » à 17 ans, après une année chaotique. Sorte d’institution pour jeunes filles à la dérive, le Cube est un lieu clos où des équipes tentent d’éviter les naufrages de pensionnaires. L’ambiance y est collégiale : on se cherche, on blague, on se chamaille, on fume, on pleure, on se console et on rit beaucoup. On y reste le temps d’avoir « réglé son problème intérieur ».

Mais ce soir-là, une mutinerie se prépare. Des sacs de fortune sont bouclés, des draps sont noués les uns aux autres : un commando de bras cassés a décidé de fuguer. Il y a Albane la beauté froide, Vicky la doyenne, Esther la grande gueule et Mireille la petite dernière. Elles veulent de l’air et de l’aventure, elles veulent aller voir la mer. Charlotte – la nouvelle – décide de les suivre. C’est le début du grand voyage.



Entre voyage initiatique et processus de résilience, « Les étoiles dansantes » raconte l’histoire de cinq jeunes filles qui décident de partir à l’aventure. Cet équipage burlesque à l’humour décomplexé nous emmène avec un naturel déconcertant et beaucoup de retenue sur le chemin des vacances. Leur envie de vivre est féroce et parfois teinté d’un certain désarroi. Sans jamais se plaindre, elles brisent peu à peu le silence par les rires. Elles sont entières : tantôt agaçantes, tantôt attachantes et pétries de contradictions.

En se libérant et en s’émancipant de leur passé, ces jeunes filles inscrivent leur trajectoire dans une quête de guérison et d’estime de soi. Véritable ode à l’espoir sur fond de comédie, cette pièce traite de violences sexuelles et conjugales, de sexisme, de culture du viol mais aussi de force, de confiance, de consentement, de guérison et du bonheur qui est juste au bord du chemin.